Le réciprocisme suicidaire
Résumé
Le présent texte part du problème du néant selon lequel aucun but de la vie n'est donné de manière absolue, et propose le réciprocisme suicidaire (Suicidal Reciprocism), qui explore la possibilité de constituer la mort comme orientation existentielle ultime de l'être humain ainsi que l'influence que cette orientation exerce sur la vie présente.
Le réciprocisme suicidaire ne définit pas la mort uniquement comme la fin de la vie, mais la considère comme une possibilité existentielle par laquelle l'être humain peut constituer sa propre fin ultime comme un objectif et une orientation.
L'être humain forme continuellement une cohérence entre l'orientation ultime qu'il a lui-même établie et sa vie présente, et cette cohérence devient un critère existentiel organisant sa vie actuelle.
Cette structure ne se limite pas à l'existence individuelle. La structure existentielle analysée, au niveau individuel, à travers le néant et l'orientation vers la mort peut être transformée, au niveau des groupes et de la société, en problèmes d'anomie et d'orientation collective vers la fin ou d'autodissolution sociale. En remplaçant alors le néant individuel par l'anomie sociale, il devient possible d'appliquer la même structure à une échelle plus large.
Ainsi, dans le réciprocisme suicidaire, les structures d'orientation ultime, de cohérence, d'autodétermination et d'auto-responsabilité ne sont pas fixées à la seule échelle de l'individu, mais peuvent s'étendre aux dimensions collectives et sociales à mesure que l'échelle du sujet se transforme.
Par conséquent, le réciprocisme suicidaire ne se limite pas à être une philosophie traitant uniquement du problème du suicide individuel. Partant du principe que l'individu, le groupe, l'organisation, la société et l'humanité dans son ensemble peuvent chacun fonctionner comme un sujet existentiel, il vise une philosophie existentielle générale qui établit le néant et l'anomie comme concepts correspondants selon l'échelle et applique la même structure réciproque à différentes échelles.
La cohérence entre l'orientation ultime et l'état présent, l'autodétermination et l'auto-responsabilité, ainsi que la réciprocité entre l'action et ses conséquences, sont traitées dans un même cadre analytique même lorsque l'échelle du sujet change.
Section 1. Point de départ ontologique et existentiel
Le point de départ du réciprocisme suicidaire est le suivant.
Il n'existe pas, pour l'être humain, de valeur absolue de la vie donnée a priori.
Le monde ne garantit pas à l'être humain un but final.
Le réciprocisme suicidaire ne présuppose pas que Dieu, un but transcendant, une nécessité historique ou une valeur universelle attribuent nécessairement à la vie humaine un objectif unique auquel elle devrait se conformer.
L'être humain se trouve donc confronté au néant.
Cependant, le réciprocisme suicidaire ne s'arrête pas là.
Il pose plutôt la question suivante :
« Si l'on retire toutes les significations, qu'est-ce qui demeure jusqu'au bout ? »
La réponse est la mort.
Toutes les significations construites au cours de la vie sont finies.
L'amour, l'accomplissement, l'honneur, le rôle social, les idées et le bonheur se trouvent tous, en définitive, confrontés à la limite qu'est la mort.
Ainsi, lorsque le néant est poussé jusqu'à son terme, la frontière existentielle ultime qui demeure pour l'être humain est sa propre mort.
Tel est le point de départ du réciprocisme suicidaire.
Section 2. Définition du néant et relation avec la mort
Dans le réciprocisme suicidaire, la mort n'est pas simplement la fin de la vie.
La mort constitue la limite ultime par laquelle l'être humain définit finalement son existence et, pour certains êtres humains, elle peut elle-même être constituée comme un objectif et une orientation.
La proposition suivante est donc rejetée :
« La mort est un objet qui doit nécessairement être éliminé au cours du processus de la vie. »
À la place, le réciprocisme suicidaire pose la question suivante :
« La mort elle-même ne peut-elle pas également être un objet que l'être humain peut choisir et vers lequel il peut s'orienter dans le processus de constitution de sa propre existence ? »
Ce qui importe ici est de ne pas identifier le suicide à une impulsion ou à un désespoir temporaire.
Ce que traite le réciprocisme suicidaire est la possibilité existentielle de constituer consciemment la mort comme sa propre orientation ultime.
Section 3. La constitution du suicide comme objectif et l'orientation ultime
La proposition la plus fondamentale du réciprocisme suicidaire est la suivante :
Cela ne signifie pas simplement un état psychologique consistant à dire :
« Je veux mourir. »
Plus fondamentalement, il s'agit de la question existentielle suivante :
« Vers quelle fin vais-je vivre ma vie présente ? »
Il n'est donc pas nécessaire de fixer le but de la vie à la seule survie elle-même.
Pour certains êtres humains, le but de la vie peut être l'accomplissement.
Pour d'autres, il peut être l'amour.
Pour d'autres encore, il peut être la création.
Et pour certains, atteindre la fin qu'ils ont eux-mêmes définie peut constituer leur orientation ultime.
Le réciprocisme suicidaire n'élimine pas a priori cette possibilité.
Section 4. Distinction entre la mort et l'image ultime de soi
Dans le réciprocisme suicidaire, ce qui importe n'est pas simplement la volonté de mourir.
Il existe une image de la fin que l'on souhaite.
L'être humain ne s'arrête pas nécessairement à penser :
« Je veux mourir. »
Il peut constituer une image ultime de lui-même à travers la question :
« Sous quelle forme est-ce que je veux achever ma vie ? »
Ici, « l'image de la fin » ne signifie pas une méthode concrète d'exécution.
Elle concerne la relation de signification que l'être humain souhaite que sa mort entretienne avec l'ensemble de sa vie, la manière dont il souhaite être retenu comme être humain et l'état dans lequel il souhaite achever son existence.
Ainsi, dans le réciprocisme suicidaire, la mort elle-même et l'image de soi attribuée à la mort sont distinguées.
Section 5. Cohérence entre l'orientation ultime et la vie présente
Tel est le principe central du réciprocisme suicidaire.
L'orientation ultime et la vie présente doivent être cohérentes l'une avec l'autre.
Si l'être humain a établi sa propre fin comme une orientation ultime, sa vie présente doit également entretenir une relation avec cette orientation.
Autrement dit, la vie n'est pas un processus distinct et séparé de la mort.
La vie présente devient un processus constitué en direction de la fin ultime que l'on a soi-même établie.
La question centrale est donc la suivante :
« Est-ce que je vis en faisant correspondre la fin que je souhaite avec ma vie actuelle ? »
Chaque moment de la vie est alors comparé à l'orientation ultime.
Le choix présent correspond-il à l'image ultime que l'on a de soi-même ?
L'action présente correspond-elle à l'image humaine que l'on souhaite devenir ?
La vie actuelle ne contredit-elle pas la fin que l'on souhaite ?
Le processus même visant à assurer cette cohérence devient une tâche existentielle.
Section 6. L'orientation vers la mort et la force motrice de la vie présente
C'est ici qu'apparaît la structure la plus paradoxale du réciprocisme suicidaire.
Faire de la mort l'orientation ultime de la vie peut, au contraire, devenir une force motrice permettant de vivre la vie présente.
À partir du moment où la mort n'est plus constituée comme une simple impulsion, mais comme un objectif ultime, la vie présente n'est plus un simple temps d'attente dépourvu de sens.
La vie présente devient un processus de constitution de soi en direction de l'orientation ultime.
Ainsi :
« Un jour, je mourrai. »
et :
« Je vis le présent en direction de la fin que je souhaite. »
sont deux propositions entièrement différentes.
La première exprime le fait de la mort, commun à tous les êtres humains.
La seconde exprime une orientation existentielle.
Cette différence constitue le cœur du réciprocisme suicidaire.
Section 7. L'orientation vers la mort et l'inversion de la direction de la vie
Dans une conception générale centrée sur la vie, on pense de la manière suivante :
Autrement dit, la vie est d'abord affirmée et la mort est considérée comme une clôture finale.
Le réciprocisme suicidaire peut inverser cette direction :
Cela signifie que l'être humain peut d'abord établir consciemment sa propre fin ultime, puis constituer une vie présente cohérente avec cette fin.
Dans ce cas, la mort ne se trouve pas à l'opposé de la vie, mais devient un point de référence permettant d'organiser la vie présente.
Section 8. Le principe de cohérence existentielle
Dans le réciprocisme suicidaire, la valeur de la vie ne se mesure pas simplement à la durée de sa prolongation.
La question la plus importante est la suivante :
« Dans quelle mesure la manière actuelle d'exister et l'orientation ultime correspondent-elles l'une à l'autre ? »
La vie constitue donc un processus continu d'autoconstitution.
Le soi présent ne doit pas être séparé du soi futur.
Si l'être humain s'oriente ultimement vers une certaine fin, ses actions présentes ne doivent pas trahir cette orientation.
C'est ce que l'on peut appeler la cohérence existentielle.
Section 9. Rejet de l'auto-illusion et cohérence existentielle
La cohérence existentielle implique le rejet de l'auto-illusion.
Est-ce que je dis que la mort constitue mon orientation ultime tout en vivant en réalité une existence entièrement différente ?
Est-ce que je dis vouloir une certaine fin tout en devenant, dans ma vie présente, un être humain qui lui est totalement opposé ?
Dans le réciprocisme suicidaire, cette incohérence constitue un problème existentiel.
L'être humain se pose donc la question suivante :
« L'être humain que je dis être et l'être humain que je vis sont-ils le même être ? »
Réduire la distance entre l'orientation ultime et la vie présente devient une tâche existentielle.
Section 10. L'orientation vers la mort et la liberté
Le réciprocisme suicidaire ne considère pas l'être humain comme un être auquel la survie serait simplement imposée.
L'être humain peut choisir la direction de sa vie, et cette direction peut également inclure sa propre compréhension et son propre choix concernant la mort.
Le problème de la liberté ne s'arrête donc pas à la question :
« Comment vais-je vivre ? »
Il pose plus fondamentalement la question :
« Qu'est-ce que je vais prendre comme orientation ultime ? »
Et il demande à nouveau s'il existe une raison d'exclure par principe la mort de cette orientation ultime.
Section 11. Autodétermination et auto-responsabilité
Si l'être humain choisit lui-même son orientation ultime, la responsabilité de ce choix lui appartient également.
Le réciprocisme suicidaire unit donc les deux éléments suivants en un seul principe :
Si l'on affirme que sa propre vie nous appartient, on ne peut pas non plus transférer à autrui la responsabilité de ses propres choix.
En particulier, l'être humain ne doit pas transformer son choix ultime en responsabilité d'autrui ni instrumentaliser les autres afin de justifier son propre choix.
La liberté dans le réciprocisme suicidaire n'est donc pas une licence illimitée.
Section 12. L'éthique existentielle de celui qui se suicide
Même lorsqu'un être humain établit sa propre mort comme orientation ultime, les autres demeurent des sujets existentiels indépendants.
Il ne transfère pas son propre choix aux autres.
Il ne rejette pas sur d'autres la responsabilité de sa propre mort.
Il ne transforme pas les autres en moyens au service de son propre objectif.
Il ne porte pas atteinte à la liberté et à la vie d'autres êtres humains afin d'accomplir sa propre fin.
Il prend en considération les conséquences que son choix laisse aux autres.
L'autodétermination n'est pas le droit d'effacer l'existence des autres.
Il accepte comme relevant de sa propre responsabilité les blessures qu'il laisse derrière lui.
Le choc que son choix laisse aux autres devient également une partie de sa responsabilité existentielle.
Section 13. Le principe de la solidarité finale
Dans le réciprocisme suicidaire, la solidarité n'est pas identique à une négation forcée de la mort.
La solidarité consiste non pas à ordonner à l'être humain qui pense à la mort :
« Tu dois vivre quoi qu'il arrive. »
mais à pouvoir lui dire :
« Je vais écouter ce que tu penses. »
Et, simultanément, à pouvoir également lui dire :
« Ne renonçons pas encore à la possibilité de faire un autre choix maintenant. »
La solidarité finale se distingue donc d'une prolongation forcée de la vie.
Son objectif est de reconnaître l'être humain comme un sujet existentiel tout en laissant subsister la possibilité d'une relation afin que ce sujet ne ferme pas complètement sa vie dans un état d'isolement total.
Section 14. L'amour et l'autonomie existentielle
L'amour ne peut pas non plus devenir le fondement permettant de posséder l'existence d'autrui.
Le fait qu'une personne aimée s'oriente vers la mort ne donne pas le droit de décider à sa place de l'ensemble de sa vie.
L'amour peut donc s'exprimer non comme une contrainte disant :
« Puisque je t'aime, tu dois absolument vivre. »
mais également sous la forme suivante :
« Je traiterai ton existence jusqu'au bout comme celle d'un être humain indépendant. »
L'amour et la liberté ne sont alors pas nécessairement hostiles l'un à l'autre.
Section 15. Mise en question de l'existentialisme sartrien
Si l'existentialisme sartrien accorde à l'être humain la liberté et la possibilité de l'autocréation, le réciprocisme suicidaire pousse ce principe jusqu'à son terme.
« Si l'être humain peut choisir lui-même sa propre signification et la direction de sa vie, pourquoi son orientation ultime devrait-elle nécessairement être la continuation de la vie ? »
Il pose également la question suivante :
« Si l'être humain doit choisir sa propre existence et assumer la responsabilité de ce choix, sur quel fondement peut-on exclure a priori la mort lorsque celle-ci fait partie de son orientation ultime ? »
Ainsi, le réciprocisme suicidaire étend la logique de la liberté et de l'auto-responsabilité jusqu'au problème de la mort.
Section 16. Mise en question de la philosophie de l'absurde de Camus
Si Camus choisit d'affirmer la vie et de se révolter malgré l'absurde, le réciprocisme suicidaire pose la question suivante :
« Pourquoi la reconnaissance de l'absurde devrait-elle nécessairement conduire à la conclusion de la continuation de la vie ? »
Choisir les plaisirs sensibles de la vie constitue également un choix existentiel.
Cependant, savoir s'il existe un fondement logique permettant d'établir a priori que ce choix constitue la seule possibilité est une question distincte.
C'est précisément ce point que le réciprocisme suicidaire met en question.
Section 17. Le paradoxe fondamental du réciprocisme suicidaire
Le réciprocisme suicidaire contient un paradoxe fondamental.
Faire de la mort une orientation ultime ne signifie pas que la vie présente devient dépourvue de sens.
Au contraire, il peut en être autrement.
Lorsque l'être humain établit l'image de la fin qu'il souhaite, la vie présente devient un processus qui doit former une cohérence avec cette orientation ultime.
Ainsi, ce n'est pas parce que la mort devient un objectif que la vie perd son sens.
Au contraire, l'orientation ultime qu'est la mort peut donner une direction à la vie présente.
C'est précisément ce qui distingue fondamentalement le réciprocisme suicidaire du nihilisme.
Section 18. Distinction entre le nihilisme et le réciprocisme suicidaire
Nihilisme
Réciprocisme suicidaire
Il n'existe pas de sens donné de manière absolue.
Lorsque l'on accepte le néant jusqu'à son terme, demeure la limite ultime qu'est la mort.
L'être humain peut constituer sa propre fin comme une orientation ultime.
Et il peut construire lui-même une vie présente cohérente avec cette orientation.
Ainsi, le réciprocisme suicidaire ne découvre pas seulement l'absence de sens dans le néant.
À l'extrémité du néant, il découvre la possibilité de l'orientation ultime qu'est la mort et ramène ensuite cette possibilité comme principe de constitution de la vie présente.
Section 19. Le rejet suscité par le réciprocisme suicidaire et les cas structurellement similaires
L'acte de mettre soi-même fin à sa propre vie suscite généralement un fort rejet.
Cependant, si l'on abstrait uniquement la structure consistant à mettre soi-même définitivement fin à son état d'existence actuel et à passer à un état ultérieur, des décisions d'autoterminaison présentant une forme similaire existent également dans la vie quotidienne.
Un exemple représentatif est la décision volontaire de cessation d'activité d'une entreprise et sa mise en œuvre.
Une entreprise peut, au lieu de poursuivre sa propre existence, décider elle-même de mettre fin à son activité et d'achever son état d'existence organisationnel antérieur, et ce processus peut se dérouler conformément à certaines procédures juridiques et institutionnelles.
De même, la démission volontaire d'un individu présente une similitude structurelle dans la mesure où elle met volontairement fin à son état d'existence professionnelle antérieur.
Dans la décision volontaire de cessation d'activité d'une entreprise comme dans la démission volontaire d'un individu, au moment où la fin d'un état d'existence est décidée, le seul objectif de la poursuite de cet état est sa propre terminaison.
À ce moment, le désir d'assurer une cohérence avec l'état de fin que l'on a soi-même défini devient la force motrice permettant de tenir jusqu'au dernier moment.
Autrement dit, mettre fin à sa propre vie suscite un fort rejet, mais la structure plus abstraite consistant à mettre soi-même définitivement fin à son état d'existence antérieur est elle-même très fréquente, et certaines de ses formes sont juridiquement garanties et définies par des procédures.
L'importance de ce point réside dans le fait que l'être humain ne met pas nécessairement fin à son état d'existence actuel uniquement sous l'effet d'une contrainte extérieure, mais que la structure elle-même consistant à y mettre fin par autodétermination et à passer à un nouvel état est déjà reconnue dans divers domaines sociaux.
Section 20. Structure logique générale du réciprocisme suicidaire
Section 21. Propositions fondamentales du réciprocisme suicidaire
« Il n'existe pas de signification de la vie donnée de manière absolue. »
« Lorsque le néant est poussé jusqu'à son terme, ce qui demeure ultimement dans l'existence humaine est la mort. »
« Par conséquent, le suicide constitue lui aussi une possibilité que l'être humain peut constituer comme objectif de sa vie et comme orientation ultime. »
« Ce qui importe n'est pas simplement de vouloir la mort, mais de constituer soi-même l'image de la fin ultime que l'on souhaite. »
« Et le processus consistant à former continuellement une cohérence entre cette orientation ultime et la vie présente peut lui-même devenir la force motrice permettant de vivre cette vie présente. »
« Ainsi, la vie ne se trouve pas à l'opposé de la mort, mais devient un processus existentiel constitué en direction de la fin ultime que l'on a soi-même établie. »
« Si l'on choisit sa propre orientation ultime comme étant la sienne, il faut également accepter comme sienne la responsabilité de ce choix. »
« Simultanément, l'existence des autres ne doit pas être transformée en moyen au service de son propre choix, et la possibilité d'une solidarité avec autrui doit demeurer ouverte jusqu'au dernier moment. »
Finalement :
« Aucun but de la vie n'est donné de manière absolue à l'être humain. Lorsque le néant est accepté jusqu'à son terme, demeure la mort. L'être humain peut constituer même cette mort comme son propre objectif ultime et comme son orientation. Et le processus consistant à faire correspondre l'image de la fin qu'il souhaite avec sa vie présente peut précisément devenir la force motrice qui lui permet de vivre cette vie. »
Tel est le cœur du réciprocisme suicidaire.
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