Table des matières
1. Introduction
2. Résumé
3. Pourquoi l’interprétation de L’Étranger d’Albert Camus est difficile –
La confrontation directe avec la philosophie de Camus dans le dernier
chapitre
4. Méthode d’interprétation de L’Étranger par Albert Camus – Approche par
rétro-ingénierie
5. Analyse du dernier paragraphe de L’Étranger d’Albert Camus
6. Début de L’Étranger d’Albert Camus : Aujourd’hui, maman est morte. Ou
peut-être hier, je ne sais pas.
7. Rencontre avec Raymond, rédaction de lettres et faux témoignage
8. Refus par Meursault de la proposition d’emploi au bureau de
Paris
9. Attitude de Meursault face à la demande en mariage de Marie
10. Salamano et son chien
11. Meursault tire sur l’Arabe à cause du soleil
12. Procès dénaturé
13. Conclusion
1. Introduction
1.1 Contexte de la recherche
L'Étranger d'Albert Camus, publié en 1942, est depuis devenu l'une des
œuvres les plus discutées dans l'histoire de la littérature mondiale. Sur
le plan stylistique, l'œuvre est très concise et simple, mais son
interprétation reste extrêmement complexe. En particulier, l'usage par
Camus du passé composé et de structures de phrases simples est
grammaticalement compréhensible pour quelqu'un ayant environ six mois
d'apprentissage du français. Cependant, saisir le véritable sens de
l'œuvre exige une réflexion philosophique approfondie et une bonne
compréhension de la philosophie de Camus.
1.2 Limites des recherches existantes
Les interprétations précédentes de L'Étranger présentent les difficultés
communes suivantes :
1. Problème d'interprétation de la première phrase : "Aujourd'hui, maman
est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." Les interprétations
divergent et cette variation influence de manière décisive la
compréhension globale de l'œuvre.
2. Motivation du tir supplémentaire : après avoir tiré sur l'Arabe une
première fois, l'acte de tirer encore quatre fois n'a pas de justification
convaincante.
3. Paradoxe de la scène finale : lorsque Meursault, face à sa peine de
mort, ressent le bonheur tout en souhaitant un "cri de haine", il manque
une explication claire sur la compatibilité de cette scène avec la
philosophie anti-suicide de Camus.
4. Cohérence du caractère des personnages : interpréter Meursault comme
nihiliste, indifférent ou inadapté socialement rend impossible une
représentation cohérente de son caractère tout au long de l'œuvre.
1.3 Objectifs et méthodologie de la recherche
Cette étude propose une méthode d'« ingénierie inverse » qui réinterprète
l'œuvre entière en se concentrant sur les indices d'interprétation donnés
par Camus dans les dernières pages. Cette approche repose sur les
hypothèses suivantes :
- Camus a anticipé que les lecteurs pourraient mal interpréter la
première phrase et a fourni explicitement la clé d'interprétation à la fin
de l'œuvre.
- Identifier d'abord cette clé permet de reconstruire l'ensemble du récit
de manière cohérente et de résoudre toutes les difficultés
principales.
- En précisant le caractère et les motivations de Meursault, on peut
vérifier que la philosophie de Camus (l'absurde et sa confrontation) est
pleinement réalisée dans l'œuvre.
2. Contexte théorique : La philosophie de l’absurde de Camus
2.1 Concept de l’absurde
Le terme "l’absurde" utilisé par Camus se distingue du sens courant
d’"irrationnel". Pour Camus, l’absurde désigne l’état de "perte de sens de
la vie". L’homme vit en érigeant son propre sens de la vie presque comme
une divinité, et lorsqu’il perd ce sens, il tombe dans l’absurde.
2.2 Réponse à l’absurde
Camus propose deux manières pour l’homme de faire face à l’absurde
:
1. Le suicide : céder à la perte de sens de la vie et renoncer à
l’existence (fortement critiqué par Camus)
2. La révolte comme dépassement : vivre activement en prenant pour
nouveau sens de la vie le fait de rester fidèle à soi-même et aux réalités
sensorielles.
2.3 Lien avec le mythe de Sisyphe
Dans *Le Mythe de Sisyphe*, Sisyphe ressent le bonheur même dans la
répétition d’un travail dénué de sens. Cela symbolise l’attitude
consistant à affronter l’absurde de front tout en affirmant sa propre
existence. Cette étude soutient que le bonheur que Meursault éprouve sur
l’échafaud possède la même structure philosophique que celui de
Sisyphe.
3. Méthodologie d’ingénierie inverse : analyse du dernier paragraphe
3.1 Les phrases clés du dernier paragraphe
Dans les dernières lignes de l’œuvre, la deuxième et la troisième phrases
fournissent la clé d’interprétation :
"Comme si cette grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant
cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première
fois à la tendre indifférence du monde."
"De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que
j'avais été heureux, et que je l'étais encore."
3.2 Signification de "l’indifférence tendre du monde"
"L’indifférence tendre du monde" est une expression apparemment
paradoxale. Cependant, elle peut être interprétée ainsi
:
- Tendre : le monde manifeste beaucoup d’attention envers les
individus
- Indifférence : mais cette attention ne se porte pas sur l’essence de
l’autre, elle cherche à intégrer l’autre dans le sens que chacun donne à
sa propre vie.
Autrement dit, les gens du monde s’intéressent à Meursault, mais non à ce
qu’il est réellement. Ils souhaitent seulement qu’il s’inscrive dans leurs
valeurs et dans le sens de leur vie.
3.3 Prise de conscience de l’homologie structurelle
Meursault prend conscience de la similarité structurelle entre lui et le
monde :
- Meursault : veut que le monde s’aligne sur le sens de sa vie → refusé →
colère
- Le monde : veut que Meursault s’aligne sur le sens de sa vie → refusé →
colère
Grâce à cette prise de conscience, Meursault ressent que lui et le monde
sont "fraternels". Les deux poursuivent et défendent chacun leur propre
sens de la vie.
3.4 Sens de la vie pour Meursault : "communication authentique"
Le sens de la vie que Meursault recherche est la "communication
authentique", qui implique :
- Voir et accepter l’autre tel qu’il est
- Se montrer tel qu’on est et être accepté ainsi
- Communiquer sans mensonge, sur la base de la réalité perçue par les
sens
Meursault ne cherche pas l’isolement ou la solitude, mais au contraire
une communication active avec le monde, à condition qu’elle soit
authentique.
3.5 Réinterprétation de la dernière phrase
"Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me
restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon
exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine."
Signification du "cri de haine" :
Le jour de l’exécution, la foule criera à Meursault : "Assassin !",
"Meurs !" Cela signifie :
- Foule : "Tu es un assassin !" / Meursault : "Oui, je suis un
assassin."
- Foule : "Le sens de ta vie est différent du nôtre !" / Meursault :
"Oui, le sens de ma vie est différent du vôtre."
À ce moment-là, une communication parfaitement authentique s’établit.
Chacun exprime honnêtement sa position, reconnaît les différences de
l’autre, et un dialogue sans mensonge se réalise. C’est exactement ce que
Meursault a toujours désiré.
De plus, à ce moment, la foule condamne Meursault comme "l’assassin de
l’Arabe". C’est-à-dire que l’Arabe est enfin reconnu comme un "être
humain". En acceptant cela, Meursault se réalise comme un être humain
responsable et autonome, assumant pleinement ses actes.
4. Redéfinition du caractère de Meursault : rationaliste sensoriel
4.1 Concept de rationalisme sensoriel
Cette étude définit Meursault comme un "rationaliste sensoriel" (sensory
rationalist), ce qui signifie :
- Reconnaître comme réel uniquement ce qu’il expérimente directement par
les sens
- Agir selon un jugement purement rationnel, et non selon les conventions
sociales ou les coutumes
- Chercher une communication authentique basée sur la réalité perçue par
les sens
4.2 Mise en œuvre du rationalisme sensoriel dans l’œuvre
4.2.1 Funérailles de la mère
Réinterprétation de la première phrase :
"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais
pas."
Interprétation classique : indifférence de Meursault
Interprétation selon cette étude : perte de la notion du temps due à un
choc extrême
Meursault est tellement bouleversé par la mort de sa mère qu’il perd la
notion du temps. C’est un fait sensoriel. Il ne montre pas de deuil
conventionnel lors des funérailles, car :
- Sa mère, déjà décédée, ne reviendra pas, peu importe ce qu’il fait
(fait sensoriel)
- Sa mère souhaite qu’il vive heureux plutôt que de souffrir (jugement
rationnel)
- Par conséquent, rester fidèle à lui-même plutôt que de feindre un
chagrin inutile est le véritable témoignage d’amour pour sa mère
4.2.2 Rédaction de lettres pour Raymond et faux témoignage
- Raymond n’a causé aucun mal à Meursault (fait
sensoriel)
- La maîtresse de Raymond l’a trompé (faux)
- À un mensonge, répondre par un mensonge ("œil pour œil, dent pour
dent")
- L’important : Meursault applique le même principe à lui-même
4.2.3 Refus de l’affectation à Paris
- Meursault a déjà vécu plusieurs années à Paris (fait
sensoriel)
- Paris est sale, sombre, et les gens n’y prennent pas le soleil, leur
peau est pâle (jugement sensoriel)
- Alger est plus agréable à vivre que Paris (conclusion
rationnelle)
- Le but de la réussite est de bien vivre, mais une affectation à Paris
réduirait sa qualité de vie
- Par conséquent, il refuse
4.2.4 La proposition de mariage de Marie
Réponse de Meursault :
- Aime-t-il Marie ? → Non (pas selon la façon dont elle le
souhaite)
- Se mariera-t-il ? → Si Marie le souhaite
- Si une autre femme lui propose ? → Il accepterait
probablement
Interprétation :
- Le mariage est une véritable déclaration : "je resterai avec toi pour
toujours"
- Il acceptera toute personne qui veut sincèrement être avec
lui
- Cela ne signifie pas que le mariage est vide de sens, mais que la
communication authentique est réalisée
- Cela ne correspond pas à la manière dont Marie définit "l’amour", mais
une relation authentique selon Meursault est possible
5. Réanalyse des scènes clés
5.1 Signification des tirs supplémentaires
5.1.1 Stress accumulé
Tout au long de la première partie, Meursault est exposé au stress
suivant :
1. Décès de sa mère (choc au point de perdre la notion du
temps)
2. Implication dans les affaires de Raymond (enquête
policière)
3. Proposition d’affectation à Paris (changement non
désiré)
4. Avertissement de Marie (sa "différence" pourrait poser problème un
jour)
5. Confession de Salamano (il découvre que les voisins le
jugent)
6. Blessure de Raymond
7. Chaleur extrême et soleil écrasant
5.1.2 Premier tir : tir accidentel
- Sous un soleil intense, la lumière se reflète sur une
lame
- La sueur dans les yeux empêche de voir
- Instinctivement, tout le corps se tend et déclenche la
gâchette
- L’Arabe meurt instantanément
5.1.3 Quatre tirs supplémentaires : résistance pour survivre
Après avoir pris conscience de la situation :
- Il réalise qu’il est devenu un meurtrier
- Tout le stress accumulé explose d’un coup
- Colère contre le "soleil et la situation entière" qui l’ont poussé à ce
point
- Tirs comme résistance violente pour survivre
Points importants :
- L’Arabe était déjà mort après le premier tir
- Pour Meursault, rationaliste sensoriel, le cadavre n’est plus un
"humain", mais un "corps"
- Les quatre tirs supplémentaires sont dirigés sur ce
"non-vivant"
- Meursault tire sur la "situation elle-même" qui l’a conduit à sa
destruction, dans un espace vide
5.1.4 Véritable signification de "à cause du soleil"
Quand Meursault dit au tribunal "à cause du soleil" :
1. Cause immédiate : la lumière reflétée sur la lame a déclenché la
gâchette
2. Cause fondamentale : le soleil brûlant, comme lors des funérailles,
symbolise tout le stress accumulé
3. Signification philosophique : ce qu’il vénérait comme un dieu (le
soleil doux) l’a trahi et attaqué
5.2 Partie 2 : culpabilité chronique et expiation
5.2.1 Nature de la culpabilité
Meursault souffre de culpabilité chronique tout au long de la deuxième
partie. Cela apparaît dans :
"J'ai réfléchi et j'ai dit que, plutôt que du regret véritable,
j'éprouvais un certain ennui."
Signification de "ennui" :
- C’est le jugement d’un rationaliste sensoriel sur le sentiment de
culpabilité
- Cela montre que la culpabilité dépasse l’émotion passagère et devient
un "état chronique" qui domine son existence
- Vivre avec cette culpabilité chronique constitue la manière dont
Meursault expie ses actes
5.2.2 Expiation sisyphéenne
- Meursault essaie de s’adapter aux désagréments et à l’ennui de la vie
en prison
- Mais dès que cet effort se termine, la culpabilité sans fin
revient
- C’est comme Sisyphe poussant son rocher jusqu’au sommet, qui retombe
aussitôt
- Il faut rendre chaque instant significatif et heureux pour supporter la
douleur de la culpabilité
- Voilà l’expiation de Meursault
5.3 Véritable signification du procès dénaturé
5.3.1 Ce que Meursault voulait
- Un procès juste concernant son meurtre
- Blâme et punition uniquement pour le meurtre lui-même
- Transformer sa culpabilité chronique en une forme concrète et en payer
le prix
5.3.2 Dénaturation du procès réel
- Le procès est devenu un jugement sur "son comportement lors des
funérailles de sa mère" plutôt que sur le meurtre de l’Arabe. Pour
Meursault, cela signifie :
- Attaquer sa seule défense éthique et morale (son amour pour sa
mère)
- Réaliser concrètement ce que Salamano appelait "le blâme du
quartier"
- Une violence qui détruit sa barrière mentale face à la
culpabilité chronique
5.3.3 Réaction de Meursault
- Meursault observe le procès à distance, comme s’il s’agissait d’un
événement pour un tiers. Cela représente :
- Son unique mécanisme de défense pour protéger son
esprit
- Même structure que lorsqu’il n’a pas quitté sa place alors que
le soleil brûlant se reflétait sur la lame et lui perçait les
yeux
- Une défense impuissante dans une situation où aucune réponse
n’est possible
5.4 Confrontation avec le prêtre : suicide social et mental
5.4.1 Obligation de repentir
Le prêtre force Meursault à se tourner vers Dieu et à se repentir. Cela
implique :
- Pas pour le meurtre de l’Arabe
- Obligation de reconnaître comme erreur le fait d’avoir placé sa mère en
maison de retraite
- Obligation de reconnaître qu’il n’a pas été triste aux funérailles
(alors qu’il était en réalité profondément attristé)
- Détruire la dernière barrière éthique et morale de Meursault
5.4.2 Colère extrême et suicide
- Meursault, en colère, saisit le col du prêtre et crie
- Il élimine lui-même la seule chance de survie restante (réduction
dramatique de peine par repentir)
- Suicide social et mental accompli
- Il ne reste plus que la mort physique
C’est la situation extrême de l’absurde décrite par Camus.
5.5 Surmonter l’absurde et le bonheur
Après le départ du prêtre, Meursault :
1. Retrouve la sérénité
2. Prend conscience de "l’indifférence tendre" du monde
3. Reconnaît l’homologie structurelle entre lui et le
monde
4. Trouve un nouveau sens à la vie : "être vrai envers
soi-même"
5. Réalise qu’il a été sincère envers lui-même, dans le passé comme dans
le présent
6. Ressent le bonheur
C’est exactement le processus de dépassement de l’absurde dans la
philosophie de Camus :
- Perte de sens de la vie (absurde) → crise de suicide → se consacrer à
soi-même et à la réalité perçue par les sens comme nouveau sens de la vie
→ dépassement de l’absurde
6. Ironie symétrique entre la fin de la partie 1 et de la partie 2
Fin de la partie 1 (fusillade sur la plage)
- Action : lutte pour survivre
- Résultat : plongée dans l’absurde
- Intention : survie
- Réalité : destruction
Fin de la partie 2 (confrontation avec le prêtre)
- Action : lutte pour mourir
- Résultat : dépassement de l’absurde
- Intention : suicide
- Réalité : salut
Les deux scènes produisent des résultats exactement opposés aux
intentions de Meursault, créant un contraste parfait.
7. Reconsidération de la critique de l’orientalisme
7.1 Critiques existantes
Certains chercheurs ont critiqué l’œuvre comme étant raciste, en se
basant sur le fait que Meursault n’éprouve jamais de remords envers
l’Arabe jusqu’à la fin.
7.2 Contre-argument de cette étude
À travers l’analyse de la dernière phrase :
- Meursault souffre d’une culpabilité chronique après avoir tué
l’Arabe
- Les cris "Assassin !" de la foule le jour de l’exécution signifient une
reconnaissance de l’Arabe en tant qu’"humain"
- En acceptant cela, Meursault reconnaît l’Arabe comme un humain et
accepte sa propre culpabilité
- C’est l’accomplissement de la "communication
authentique"
Ainsi, l’œuvre peut être interprétée comme critiquant la réalité où les
Arabes n’étaient pas reconnus comme humains dans l’Algérie
coloniale.
8. Conclusion
8.1 Résumé des résultats de la recherche
Cette étude a démontré, grâce à la méthodologie de rétro-ingénierie
:
- La personnalité de Meursault : rationaliste sensoriel
- Le sens de la vie de Meursault : communication
authentique
- La raison des coups de feu supplémentaires : explosion du stress
accumulé et résistance pour survivre
- La signification du bonheur final : dépassement de l’absurde et
découverte d’un nouveau sens de la vie
- Mise en œuvre de la philosophie de Camus : l’œuvre incarne parfaitement
l’absurde et le processus de son dépassement
8.2 Centralité de la "communication authentique"
La "communication authentique" est :
- Le thème central qui traverse toute l’œuvre
- La clé maîtresse résolvant tous les problèmes philosophiques et
littéraires
- Le concept qui redéfinit Meursault comme un existentialiste actif
plutôt que comme un nihiliste
- La clé permettant l’union parfaite de la philosophie de Camus et de
l’œuvre
8.3 Sisyphe et Meursault
Proposition centrale de cette étude :
"Si Sisyphe est heureux, Meursault sur l’échafaud doit l’être
également."
La raison pour laquelle Sisyphe est heureux malgré la répétition d’un
travail absurde est qu’il transforme chaque instant en son propre moment
et affronte l’absurde de front. De même, Meursault est heureux avant son
exécution parce que :
- Il affronte et accepte ses fautes
- Il reste fidèle à lui-même malgré tout
- Il accomplit enfin une communication authentique
8.4 Réévaluation de L’Étranger
L’Étranger :
- N’est pas une œuvre difficile, mais une œuvre pour laquelle Camus a
fourni une clé d’interprétation claire
- Permet de comprendre parfaitement la philosophie initiale de Camus
uniquement par la logique interne du roman
- Tout est résolu en suivant la demande implicite de Meursault :
"Regardez-moi tel que je suis"
8.5 Signification de l’étude
Cette recherche :
- Surmonte les limites des interprétations existantes grâce à une
nouvelle méthodologie (rétro-ingénierie)
- Corrige les malentendus sur Meursault (nihiliste,
indifférent)
- Résout de manière cohérente tous les problèmes majeurs de
l’œuvre
- Démontre l’unité parfaite entre la philosophie de Camus et le
roman
Bibliographie
Camus, Albert. L’Étranger. Paris : Gallimard, 1942.
Camus, Albert. Le Mythe de Sisyphe. Paris : Gallimard, 1942.
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